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Matériaux

Matériaux biosourcés

Les notions de stockage carbone et de matériaux biosourcés sont désormais entrées dans le langage courant du bâtiment.

 

Matériaux biosourcés : qu’est-ce que c’est ?

Les matériaux de construction biosourcés sont issus du vivant : biomasse animale, végétale. Les matériaux issus de la biomasse végétale, en particulier, captent le CO2 durant leur croissance (photosynthèse). La nature de ces matériaux les plus courantes sont le bois, le chanvre,la paille, la ouate de cellulose etc.

Leur application dans le bâtiment est diverse : ils peuvent être utilisés comme matériaux pour l’enveloppe (isolants, finitions, étanchéité), matériaux pour le second œuvre et aménagement (cloisons, revêtements, panneaux acoustiques etc.) ou encore matériaux de structure [1].

 

Pourquoi en parle-t-on ?

La prise en compte de l’empreinte carbone d’une construction, c’est-à-dire son émission sur l’ensemble du cycle de vie, devient essentielle dans le contexte de transition environnementale. Les matériaux biosourcés participent à réduire l’empreinte carbone sur l’ensemble de la construction. Attention, l'empreinte carbone d’un projet doit être évaluée dans son ensemble.

 

L’intérêt du stockage carbone

Chaque ouvrage construit a une durée de vie (50, 100 ans etc.). Recourir aux matériaux biosourcés permet alors de « décaler » les émissions de CO2 à la fin de vie de l’ouvrage (si les matériaux sont réemployés ou recyclés, les émissions de CO2 sont donc décalées).

"La vision de l’ACV sur le carbone biogénique des produits de construction" « Vers des bâtiments neutres en carbone ? L’importance du stockage carbone », CSTB, 2018

(Cette image se lit de gauche a droite : 1) de la matière végétale à 2) l'utilisation comme matériau (incluant le recylage et le réemploi) puis 3) la fin de vie (enfouissement ou incinération).

 

Le stockage du carbone s’achève ainsi à la fin de vie du matériau [2] (incinération ou enfouissement [3]) et compense, dans une certaine mesure, le "crédit carbone" de fabrication (dans le scénario d’enfouissement du bois, une partie du carbone reste stockée sans être relâchée - se référer à la définition du "carbone biogénique").

Ce stockage carbone s’évalue pleinement lors d’une étude complète d’Analyse de Cycle de Vie (ACV).

Les impacts environnementaux d’un produit ou d’un équipement sont donnés, pour chaque module, par des fiches environnementales FDES (produits) ou PEP (équipements), accessibles sur la base INIES.

 

L’emploi des matériaux biosourcés dans la pratique

Dans la pratique, les matériaux biosourcés font l’objet d’avis techniques, de normes, de règles professionnelles d’application, voire d’une Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx) qui garantissent la qualité de leur emploi et mise en œuvre [4]. Ces évaluations permettent de sécuriser l’assurabilité de ces matériaux.

Pour rappel, comme pour tout produit de construction et d’isolation, ils sont constitués de matériaux transformés contenant des produits permettant d’améliorer leurs performances, d'assurer leur pérennité, de faciliter leur mise en œuvre etc. (liants, retardateurs de flamme, traitements antifongique et parasitaire) [5].  

Attention, il est recommandé de prendre connaissance des mesures de prévention des risques professionnels qui y sont associés [6].

Par ailleurs, l’emploi de matériaux biosourcés reste novateur sur le marché conventionnel. Le recours à un bureau de contrôle, expérimenté dans les matériaux de construction biosourcés, permet de valider leur emploi en regard des normes de sécurité incendie ou d’intégrité structurelle [7].

 


[1] « Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique », Ministère de la Transition Ecologique , Avril 2020, Page 9

[2] « Vers des bâtiments neutres en carbone ? L’importance du stockage carbone », CSTB, 2018, Page 6/9

[3] « Matériaux biosourcés pour le bâtiment et stockage temporaire de carbone », Techniques de l’ingénieur, §3.2.5 page 20/37 Fin de vie des matériaux biosourcés

[4] Dans le cadre des matériaux isolants, il est possible de se référer à la certification ACERMI (Association pour la CERtification des Matériaux Isolants)

[5] « Les matériaux biosourcés dans le bâtiment », Préfecture de l’Aisne, page 16/45, Mai 2018

[6] « La prévention des risques professionnels des nouveaux matériaux de construction et d'isolation », Officiel Prévention

[7] « Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique », Ministère de la Transition Ecologique, Avril 2020, Page 17/36

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